Voulzy, c’est du bonheur


C0302BJCompte-rendu du concert donné par Laurent Voulzy au Grand-théâtre de la Cité de Carcassonne, le mardi 15 juillet 2003, dans le cadre du Festival. Paru dans L’Indépendant du 17 juillet 2003.

Surtout ne pas se prendre la tête. Essayer de dire ce que ça fait, simplement, en choisissant ses mots le moins possible. Aller au plus simple : bonheur, et ses déclinaisons : sourire, chanter, battre des mains, bouger, taper sur ses genoux, et parfois essuyer une larme parce qu’on se souvient.

On devait avoir dans les 16 ans, et le punk venait de déferler sur nos vies, emportant tout dans sa révolte brute. On avait beau se déhancher sur « Guns of Brixton » et sauter en hurlant « Anarchy in the UK », on ne pouvait pas s’empêcher de chanter, au moins une fois par jour, un éternel air des Beatles. On était très Mc Cartney, que voulez-vous, et ce qu’on aimait chez lui c’est qu’il soit capable de composer Yesterday et Helter Skelter. De la guimauve à pleurer et du rock dur. Alors Voulzy, bien sûr…

Et nous voilà donc, quelques années plus tard, en train de monter à la Cité. On est partagé, évidemment. Dans la voiture, on a mis d’abord Blackbird sur le double blanc des Beatles, parce que c’est comme ça qu’on imagine Voulzy, la voix aussi cristalline que la guitare. Et puis, comme une sorte d’antidote, on n’a pas résisté à glisser un CD live des Clash. Finalement, en se garant au parking, on s’est demandé ce qu’on préférait, au fond : l’énergie brute de Joe Strummer ou l’angélisme du bassiste gaucher du plus grand groupe de pop qui ait jamais existé. Alors Voulzy, bien sûr…

Eh bien le voilà, Voulzy. Immuable. Dents écartées et redingote blanche au vent. Le décor du Grand théâtre lui va bien, comme il sied en général aux concerts. On regarde, donc, mais surtout on écoute. On a envie d’entendre cette voix s’échapper très haut et jouer avec des mélodies pas toujours faciles. On cherche des oreilles cette guitare qui l’accompagne partout – et avec laquelle il mime une fausse panne. Et puis, tant qu’il n’a pas encore attaqué les grands tubes, cet espace du concert où on sait qu’on arrêtera d’écouter pour se mettre à chanter, on écoute plus attentivement encore : on nous dirait qu’il y a du George Martin derrière les arrangements qu’on le croirait. Les Beatles, toujours…

Il y a « Le pouvoir des fleurs », il y a « Coeur grenadine » en duo avec son batteur Manu Katché, il y a « Belle-île en Mer », il y a surtout « Le soleil donne », prétexte à un délire salsa qui soutient la présentation des musiciens (un batteur emblématique, un guitariste très rock et un autre très soul, un métronome blanchi sous le harnais à la basse, une choriste souriante, un percu déhanché…). Autant de jalons chartisés qui entourent les chansons du dernier album,  » Avril ». Et le public, qui se prend doucement au jeu, se lève, accompagne, danse et sourit.

Enfin, il y a « Rockcollection ». On nous avait prédit du longuet, on en redemande. On nous avait dit qu’il tirait un peu sur la ficelle, on aurait aimé qu’il tire un peu plus encore. Car après un détour par Chicago et les Bee Gees, c’est avec une reprise hallucinée de « Message in a bottle » que tout se termine. Les Beatles, Police, la boucle est bouclée.

En repartant vers la voiture, on se dit que devant la page blanche, il faudra trouver les mots. Et surtout, ne pas se prendre la tête. Comme lorsque l’on est heureux. Tout simplement.

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