Parfois, il suffit d’un rien …

Compte-rendu du spectacle Brel d’Antoine Garrido, donné le 16 juillet 2006 dans la cour du Photo-BREL-088Musée des Beaux-Arts de Carcassonne, dans le cadre du Festival de La Bastide

Parfois, il suffit d’un rien. Une belle soirée de dimanche, la cour d’un musée où le jour s’attarde, l’ombrage rafraîchissant d’un arbre et ce petit homme aux cheveux poivre et sel qui entre en scène.


Antoine Garrido. Ce nom ne vous dit rien et ce n’est hélas pas étonnant. Ce natif de
s Corbières qui chante ses chansons et celles des autres depuis plus de 20 ans ne s’est pratiquement jamais produit dans son département. Et pourtant, ce soir, ils sont plus de 200 à avoir fait le déplacement. Pour Brel, bien sûr, en premier lieu.

Car ce soir Garrido chante Brel. Tout Brel, des « Flamandes » à « Vesoul », de « Jef » à « Mathilde ». Tout. Le connu et le moins connu « La bière » et l’incroyable « Fernand ». Le tendre et le tragique. Le Brel déchirant de « Madeleine » et le Brel désespéré de « Ces gens là ». Le Brel qui fait rire, le Brel qui fait pleurer, le Brel qui frappe dans ses mains, le Brel qui nous rappelle que nous ne verrons plus en vrai, son sourire de « quand il était ch’val », « Amsterdam » bien sûr, et évidemment « Quand on a que l’amour ». Tout.

Rien que ça, rien que ce voyage dans le temps serait déjà un bonheur en soi. Mais il y a plus. Car Garrido ne fait pas que chanter Brel, il y ajoute toutes ses tripes à lui. Il n’imite pas, il recrée, et même l’archi célèbre « Ne me quitte pas » prend soudain un tour nouveau, une inflexion originale, un phrasé qui côtoie celui du grand Jacques sans vouloir se confondre avec lui. Magistral.


On est debout, massés au fond ou sur les côtés dans cette cour où n’existe plus que ce petit homme aux cheveux poivre et sel et ses impeccables musiciens. Eux aussi se sont mis au
service du grand Brel avec leurs tripes, leur rythme de guitare, leur arpège de piano, leur glissando de contrebasse, leur trilles d’accordéon. L’ingénieur du son fait merveille de finesse pour accompagner l’un et l’autre, Brel et Garrido, Garrido et Brel, on ne sait plus très bien, eux deux mariés. A jamais.


Il suffit parfois d’un rien. D’une douce tempête d’émotions sous un arbre, de quelques chansons immortelles et d’un homme qui sait les chan
ter et qu’on a envie de ne jamais laisser quitter la scène…

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